L'incroyable succès du manga en France !!!
Par tokyocafe, à :: Tokyo Café :: permalien #5
La bande dessinée japonaise s'est imposée en France depuis une dizaine d'année, au point de faire de l'Hexagone le deuxième consommateur mondial de mangas.
Goldorak, le robot par qui tout est arrivé
En quelques années, le manga, ou bande dessinée japonaise, est devenue incontournable dans nos librairies. Les succès comme Naruto, One Piece, Death Note, pour ne citer que les plus connus, font de la France le deuxième consommateur de mangas au monde, après le Japon bien-sûr.
Si ces ouvrages aux graphismes si caractéristiques connaissent un tel succès dans l’Hexagone, c’est grâce à la télévision. A la fin des années 70, les "animés", c'est-à-dire les dessins animés nippons dérivés des mangas, font leur apparition sur les antennes françaises.
Olivier Fallaix, rédacteur en chef du magazine AnimeLand, premier magazine français consacré aux mangas et aux animés, confirme : "c’est la télé qui a préparé le terrain. D’abord par le dessin animé Goldorak en 1978, puis avec la sortie au cinéma d’Akira en 1991".
Goldorak apparaît pour la première fois dans l’émission pour enfants Récré A2 en juillet 1978. Le dessin animé, qui raconte l’histoire d’un robot qui défend la Terre contre des forces extra-terrestres maléfiques, rencontre un tel succès que six mois après Paris-Match consacre sa première page au robot japonais.
Le public français est alors littéralement abreuvé d’animations japonaises. Des séries comme Albator, Candy, Capitaine Flam et Maya l’Abeille connaissent leur heure de gloire. Pourtant, malgré ce succès indéniable, le manga n’arrive pas à percer. Les éditeurs ne sont pas prêts à franchir le pas, et préfèrent publier des bandes dessinées au format "franco-belge" comme Astérix et Tintin.
Il faudra attendre la fin des années 90 pour voir apparaître les premiers ouvrages en librairie. Les longs métrages Akira (1991) et Ghost in the Shell (1997), encensés par la critique, ont largement contribué à l’essor du manga en France.
Le manga à la française
Au Japon, le manga est extrêmement codifié. Il en existe au moins un pour chaque corps de métier, chaque milieu social. Une richesse de contenu qui existe grâce à la concurrence farouche qui existe entre les mangakas (ndlr : dessinateurs de manga). Les mangas sont publiés par épisodes hebdomadaires dans des recueils spécialisés. Si une série n’a pas de succès, elle est très vite abandonnée. Les mangas les plus plébiscités obtiennent une publication indépendante. "Il y a même des mangakas qui ont été forcés de continuer une série à succès, comme Akira Toriyama, qui a été mis sous pression pour prolonger sa série Dragon Ball", précise Olivier Fallaix. La série des Dragon Ball est une des plus populaires et a été vendue à plus de 250 millions d’exemplaires dans le monde.
Un modèle de bande dessinée radicalement opposé au traditionnel ouvrage de 46 planches qui caractérise le format franco-belge, mais dont le style graphique a inspiré nombre d’artistes.
"En France, beaucoup de dessinateurs de la nouvelle génération sortent du format franco-belge. Ils reprennent les codes et les graphismes du manga tout en y mélangeant leur culture européenne", explique Olivier Fallaix.
Une version confirmée par Reno Lemaire, auteur français de Dreamland, un manga plutôt humoristique destiné aux jeunes. Dans une interview accordée au site Animanga, il déclare : "je ne suis jamais allé au Japon et je ne veux pas reproduire leur univers. Sans vouloir me démarquer à tout prix, j’utilise la culture européenne avec ses codes. A 18 ans, les préoccupations des jeunes sont le Baccalauréat, le permis, leur vie sentimentale."
Le manga, modèle économique
Après un succès sur papier, les licences de manga peuvent se transformer en poule aux œufs d’or. Les bandes dessinées sont généralement déclinées en séries animées, jeux vidéo et parfois même en longs métrages.
A l’inverse de ce processus, Dofus, le manga français le plus vendu, est né du jeu vidéo homonyme. Créé par Anthony Roux alias "Tot", bédéiste de formation, ce jeu en ligne plonge les joueurs dans un univers peuplé de créatures fantastiques dans un style très BD. Il a ensuite adapté son scénario au format manga, tout en y posant son propre style. "Vu la quantité de contenu présente dans le jeu, un format BD classique de 46 planches n'aurait jamais suffit. On a donc opté pour le format manga, avec ses une à six cases par planche étalées sur 220 pages. C'est une façon très différente de raconter une histoire" explique-t-il.
Après le jeu vidéo et le manga, écoulé à 250 000 exemplaires en France, c’est le dessin animé qui est sur le point de voir le jour. Pour Thomas Bahon, directeur des produits chez Ankama Games qui édite Dofus, c’est une évolution naturelle de la licence. "Plus qu’une simple déclinaison de Dofus sur plusieurs médias, nous voulons proposer une véritable plate-forme cross-médias. Ainsi, on pourra par exemple trouver des indices pour le jeu dans le dessin animé ou le manga", précise-t-il.
Le succès de Dofus et des autres mangas français et étrangers se répercute directement sur le marché de la bande dessinée. Dans son bilan 2006, Céline Frédou, chef de groupe sur le marché du livre de l’institut d’études marketing GFK, précise qu'aujourd’hui, "plus d’une bande dessinée sur trois achetées sur le marché français est un manga. Les mangas ont beau ne pas faire l’unanimité dans la distribution (environ 58 % de la grande distribution et 20 % des librairies généralistes n’ont vendu aucun manga sur leur point de vente sur la semaine précédant Noël), leur succès est d’autant plus mérité qu’on ne les trouve pas partout !".
Extrait du site France 24 réalisé par Nicolas de Scitivaux.






Commentaires
1. Le à , par Lady Anna
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